INTERVIEW : Comment se préparer à la rentrée ?

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La période estivale est le moment idéal pour se préparer à l’intense phase de la rentrée scolaire. Remaniement des cours, développement des programmes, préparation de l’animation du module, le travail ne manque pas. Afin de vous aider à vous y préparer, nous avons recueilli le témoignage de Benoît Hamel, formateur depuis 12 ans. Travaillant régulièrement avec une dizaine d’écoles et des apprenants allant du Bac au Bac+5, Benoît nous livre, dans cet article, ses conseils.

Préparer la rentrée en tant que formateur

En tant que formateur, comment appréhendez-vous le moment de la rentrée scolaire ? Avez-vous une organisation type pour vous y préparer au mieux ?

Benoît Hamel : La rentrée scolaire, c’est toujours le moment où ça redémarre. Il y a une véritable reprise d’activité et les calendriers commencent à se remplir. Pour ma part, il s’agit d’un moment joyeux, que j’appréhende de manière positive car je suis content d’y retourner. Il s’agit, de plus, du moment où l’on rencontre les nouveaux étudiants, c’est le départ de nouvelles formations !

Généralement, je profite de l’été pour reprendre les programmes. Les mois de juillet et août sont des périodes sans prestations et donc lors desquels les temps libres sont plus importants. Il s’agit du moment idéal pour reprendre les formations qui vont avoir lieu entre septembre et décembre, effectuer de potentielles modifications sur les programmes, les compléter, les remodeler, etc.

Quels seraient vos conseils pour optimiser la période estivale afin de commencer l’année sur le bon pied ?

Benoît Hamel : Une fois les modules et programmes planifiés, il est intéressant de reprendre ses propres cours et de commencer à faire des fichiers, par cours, orientés contenus et ressources. Cela permet ainsi d’arriver, au mois de septembre, avec un maximum de cours finalisés !

A savoir que, lorsque l’on doit animer un module de 14h, il faut prévoir le même temps si ce n’est plus pour préparer le cours qui sera proposé aux apprenants. Lorsque les supports sont déjà existants, ce laps de temps est réduit. En effet, il faut alors simplement faire les mises à jour du cours et modifier sa forme afin qu’il corresponde à la charte graphique de l’école dans laquelle il sera dispensé.

Préparer la rentrée en s’adaptant aux nouveautés

De votre point de vue, sur quels sujets le domaine de la formation a-t-il connu de véritables changements ces deux dernières années ? Comment se préparer au mieux à la rentrée avec ces changements et anticiper les suivants ?

Benoît Hamel : En ce qui concerne la formation en elle-même, nous avons vu l’apparition de thématiques autour du digital et des stratégies de digitalisation. Depuis deux voire trois ans, cela ne fait qu’augmenter. Dans les entreprises, nous observons d’ailleurs une véritable volonté d’intégrer ce digital dans les différents processus et services. Cela s’observe par exemple avec la digitalisation du service achat, du service marketing, des ressources humaines, etc.

Dans la formation, cela se ressent par le fait qu’il y ait désormais davantage d’e-learning et de blended-learning. Ce dernier fonctionne via des apports théoriques dispensés en e-learning complétés par une mise en pratique en présentiel. Cela renforce la nécessité de rester dans une démarche de formation. En tant que formateurs, nous sommes souvent amenés à nous adapter à de nouveaux outils. Cela se ressent à la fois sur un plan technique, avec la compétence métier qui évolue dans la matière enseignée et donc la nécessité de se tenir au courant des évolutions métiers, ainsi que sur un plan plus pratique, avec l’intégration de nouveaux outils dans la formation.

La formation s’est également digitalisée dans l’animation et la communication. Il y a une importante évolution dans la relation avec les apprenants, qui passe désormais par diverses plateformes ou mails. Chaque école utilise et développe ses propres plateformes et ses propres outils. Par conséquent, il est nécessaire de pouvoir se former et s’adapter selon les situations.

S’ajoute à cela le développement des formations à distance sur différentes plateformes, renforçant la part du distanciel qui, bien que s’étant stabilisé ces derniers temps, demeure conséquent.

Selon vous, à quel type de format d’apprentissage devons-nous nous attendre ? Plutôt du présentiel, du distanciel ou encore des formations hybrides ?

Benoît Hamel : Nous nous orientons de plus en plus vers des formations hybrides. Les cours théoriques se font via du e-learning tandis que les cours pratique s’effectuent en présentiel. Certaines écoles programment également des cours en distanciel. Dans ces cas là, les apprenants ne sont pas en autonomie car ils suivent un enseignement dispensé par un formateur, mais en étant à distance.

Par la suite, nous pouvons nous attendre à ce que le présentiel diminue au profit du distanciel et du e-learning. Le rapport à l’humain va alors dépendre de la philosophie des écoles. Pour certaines d’entre elles, la relation formateur-étudiant est primordiale. Pour d’autres, cette relation n’est pas indispensable car le formateur est payé pour effectuer une prestation.

De plus, certaines écoles manquant de place ou de financement vont, de plus en plus, favoriser le mode hybride, diminuant donc la part du présentiel.

Intégrer les apprenants dans la formation

Auriez-vous des conseils à donner aux professionnels devant animer des formations hybrides ? Et plus particulièrement celles avec des apprenants à la fois en distanciel et en présentiel ?

Benoît Hamel : Il s’agit de deux typologies d’animation différentes mais qui permettent de garder l’échange. Selon les animations, la relation doit être changée. Quelle que soit la situation, il y a une nécessité de maintenir le contact et de créer de l’échange, qui doit être au cœur de tout.

Dans le distanciel, l’interaction demande plus d’énergie, car elle est plus compliquée à gérer. Le distanciel doit amener la possibilité de créer des débats et des échanges selon les possibilités. Les moments où les retours sont peu intenses peuvent, certes, amener un sentiment de frustration. Cependant, il est important de faire attention à ne pas devenir un simple robot et à conserver une vraie relation avec les apprenants. Bien que l’on ne puisse pas sentir une classe comme on la sent en présentiel et qu’il soit plus compliqué de suivre individuellement les apprenants, il est nécessaire de poursuivre l’interaction. Cela peut passer par le fait d’essayer d’inclure tous les participants en les interrogeant aléatoirement, par exemple.

Lorsque vous préparer la rentrée, comment imaginez-vous construire les sessions de formations avec les apprenants ?

Benoît Hamel : Dans l’élaboration des programmes, les besoins sont définis par l’école. La co-construction du cours avec les apprenants va majoritairement s’effectuer via des ateliers et des restitutions collectives. Ces dernières, venant des apprenants, peuvent prendre la forme d’oraux, de travaux de groupes, etc. Pour ma part, j’intègre les apprenants au cours en les faisant participer à des ateliers, des échanges et des débats. Le but est réellement que tout le monde s’investisse.

Cependant, cela devient parfois compliqué car l’interaction peut s’avérer peu naturelle, il faut alors persévérer pour aller la chercher. En effet, les classes sont de plus en plus asynchrones, avec des étudiants qui ne sont pas tout le temps attentifs au même moment. De plus, la capacité de concentration a tendance à diminuer, ce qui amène souvent à prendre du temps pour répéter les informations plusieurs fois. Le besoin d’être stimulés pour ces apprenants est alors de plus en plus fort, et les diverses animations pour les inclure pleinement dans le programme doivent parfois être renforcées. Les cours ne pouvant cependant pas être uniquement fait d’animations et de pratique, il faut aussi laisser du temps à un apprentissage plus théorique. C’est ce qui amène majoritairement l’avènement du e-learning pour les plans techniques.

La formation, c’est une rencontre entre quelqu’un qui forme et quelqu’un qui apprend. Lorsqu’il y a des échanges, des questions et des interactions, c’est là que la formation fonctionne le mieux.

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